Nez qui coule, nez bouché, toux... Chez les bébés, les premiers symptômes d'un rhume et ceux d'une bronchiolite peuvent se ressembler. Il n'est donc pas toujours facile pour les parents de savoir ce qui se passe réellement lorsque leur enfant commence à être enrhumé.
La bronchiolite débute d'ailleurs souvent comme un simple rhume ou une rhinopharyngite : le bébé a le nez encombré, puis une toux apparaît. Dans les heures ou les jours suivants, une gêne respiratoire peut s'installer. C'est principalement l'évolution de la respiration et l'état général de bébé qui permettent de distinguer une situation banale d'une situation nécessitant un avis médical.
Alors, comment reconnaître les signes qui doivent alerter ? Et surtout, quand faut-il consulter ?
Le rhume, ou rhinopharyngite, est une infection virale très fréquente chez les bébés et les jeunes enfants. Il se manifeste principalement au niveau du nez et de la gorge.
Le bébé peut avoir le nez qui coule, le nez bouché, éternuer et parfois présenter une légère fièvre. Il peut également tousser, notamment parce que les sécrétions nasales coulent vers l'arrière de la gorge.
Chez le nourrisson, un nez encombré peut être particulièrement gênant. Comme tout-petits respirent principalement par le nez, surtout lorsqu'ils sont très jeunes, un nez bouché peut rendre les repas ou le sommeil plus difficiles.
Dans un simple rhume, le bébé conserve généralement une respiration confortable, même si elle peut sembler plus bruyante lorsque son nez est encombré. Son état général reste relativement bon et il continue à boire ou à téter correctement.
La bronchiolite est une infection virale aiguë qui touche les petites bronches, appelées bronchioles. Elle concerne principalement les enfants de moins de 2 ans et est le plus souvent liée au virus respiratoire syncyttial, ou VRS.
Elle commence fréquemment par les mêmes symptômes qu'un rhume : nez qui coule ou qui est bouché, parfois une légère fièvre, puis une toux.
Mais progressivement, l'infection peut atteindre les petites bronches. Les sécrétions et l'inflammation peuvent alors gêner le passage de l'air.
C'est à ce moment que les signes deviennent différents d'un simple rhume : la respiration peut devenir plus rapide, plus difficile ou sifflante. Le bébé peut également avoir davantage de difficultés à boire ou à s'alimenter.
La bronchiolite est le plus souvent bénigne et évolue favorablement en quelques jours, mais les premiers jours nécessitent une surveillance attentive.
La différence ne se fait donc pas uniquement en regardant le nez qui coule ou la présence d’une toux. C’est surtout la respiration qui doit retenir l’attention des parents.
Avec un rhume, le bébé peut être encombré mais sa respiration reste globalement confortable. Une fois son nez nettoyé, il doit normalement pouvoir respirer plus facilement.
Avec une bronchiolite, la respiration peut devenir plus rapide et plus difficile. Un sifflement peut être audible, notamment au moment de l’expiration. Le bébé peut sembler davantage essoufflé et avoir du mal à coordonner respiration, succion et déglutition pendant les repas.
Certains signes sont particulièrement importants à surveiller. Le bébé peut notamment présenter un battement des ailes du nez, c’est-à-dire que ses narines s’ouvrent largement à chaque respiration. Le thorax peut également se creuser entre les côtes ou au-dessus des clavicules : on parle alors de tirage.
Une respiration qui devient de plus en plus rapide, irrégulière ou difficile doit conduire à demander un avis médical.
| Simple rhume | Bronchiolite possible |
| Nez qui coule ou bouché | Nez encombré puis toux |
| Éternuements fréquents | Toux qui devient plus importante |
| Fièvre parfois légère | Fièvre parvois présente |
| Respiration globalement confortable | Respiration rapide ou difficile |
| Bruit lié principalement au nez bouché | Respiration sifflante ou bruyante venant des bronches |
| Bébé boit généralement correctement | Bébé peut avoir du mal à boire ou téter |
| État général relativement conservé | Fatigue ou modification du comportement possible |
Ce tableau donne des repères mais ne permet pas de poser un diagnostic. Seul un professionnel de santé peut confirmer une bronchiolite après avoir examiné le bébé.
C’est probablement la question la plus importante à se poser lorsqu’un bébé est enrhumé.
Les parents peuvent observer leur enfant lorsqu’il est calme, et regarder son ventre et son thorax bouger. Une respiration nettement plus rapide que d’habitude, un effort visible pour respirer ou des pauses respiratoires doivent attirer l’attention.
Le battement des ailes du nez constitue également un signe de difficulté respiratoire. Il faut aussi observer si les espaces entre les côtes ou au-dessus des clavicules se creusent à chaque inspiration.
Un bébé qui respire difficilement peut également avoir du mal à boire. Il s’interrompt fréquemment pendant la tétée ou le biberon, semble s’épuiser rapidement ou boit beaucoup moins que d’habitude.
Ces signes sont plus importants à surveiller que l’aspect des sécrétions nasales. Un nez qui coule jaune ou vert ne signifie pas à lui seul que l’infection est grave.
Chez le nourrisson, boire demande un véritable effort de coordination entre la succion, la déglutition et la respiration.
Lorsque le nez est bouché ou que la respiration devient difficile, le bébé peut donc avoir du mal à prendre son lait. Il peut s’arrêter régulièrement pour reprendre son souffle, boire moins ou se fatiguer rapidement.
Une diminution importante des prises alimentaires est donc un élément à surveiller.
En cas de bronchiolite, l’Assurance Maladie recommande notamment de fractionner les repas lorsque le bébé est fatigué afin de faciliter son alimentation et de maintenir une hydratation suffisante.
Lorsqu’un bébé est enrhumé, le lavage du nez constitue l’un des gestes essentiels pour améliorer son confort.
Le nez peut être nettoyé avec du sérum physiologique, notamment avant les repas et avant le coucher. Chez un nourrisson encombré, ces lavages peuvent être réalisés régulièrement afin de faciliter sa respiration.
Cette mesure est également recommandée lorsque la bronchiolite est diagnostiquée. Elle permet de désencombrer le nez et peut aider le bébé à mieux respirer, notamment avant de manger.
Il est également recommandé de maintenir le bébé sur le dos pour dormir, comme habituellement. Lorsqu’il est éveillé et sous surveillance, le garder en position verticale peut contribuer à améliorer son confort respiratoire.
Un simple rhume peut généralement être surveillé à la maison lorsque le bébé respire confortablement, conserve un état général satisfaisant et continue à boire correctement.
En revanche, lorsqu’une toux s’accompagne d’une gêne respiratoire, il est important de consulter.
Pour un nourrisson de plus de 2 mois présentant des symptômes évocateurs de bronchiolite mais dont l’état général est conservé et qui continue à s’alimenter, l’Assurance Maladie recommande une consultation médicale dans la journée.
La prudence est renforcée pour les bébés de moins de 2 mois, les bébés nés prématurément et les nourrissons présentant certaines fragilités médicales. Dans ces situations, un avis médical rapide est particulièrement important.
Certains symptômes nécessitent de contacter immédiatement les secours.
C’est notamment le cas lorsque le bébé a de plus en plus de difficultés à respirer, lorsque sa respiration devient très rapide ou irrégulière, lorsqu’il fait des pauses respiratoires ou lorsque le thorax se creuse fortement à chaque inspiration.
Une coloration bleutée des lèvres ou des doigts, une grande pâleur, un bébé très somnolent ou particulièrement mou, ainsi qu’une difficulté importante à s’alimenter sont également des signes d’alerte.
Dans ces situations, il faut contacter sans tarder le 15 ou le 112.
Il ne faut pas attendre de voir si la situation s’améliore lorsque la respiration du bébé semble réellement difficile.
Chez le nourrisson, l’automédication contre la toux est à éviter.
Les médicaments antitussifs, les expectorants et les fluidifiants bronchiques sont contre-indiqués chez les enfants de moins de 2 ans. Dans le cas d’une bronchiolite, les médicaments destinés à modifier les sécrétions bronchiques ne sont pas recommandés.
Les antibiotiques ne permettent pas non plus de traiter une bronchiolite, puisqu’elle est d’origine virale. Ils ne sont utilisés que lorsqu’une infection bactérienne associée est diagnostiquée.
Le traitement repose principalement sur la surveillance du bébé, le désencombrement du nez et le maintien d’une alimentation et d’une hydratation suffisantes.
La bronchiolite évolue généralement sur plusieurs jours. Les symptômes peuvent s’aggraver au début de la maladie, notamment pendant les deux ou trois premiers jours, avant de commencer progressivement à s’améliorer.
La toux peut cependant persister plus longtemps, parfois plusieurs semaines, même lorsque l’état général du bébé s’est amélioré.
C’est pourquoi il est important de surveiller l’évolution plutôt que de se focaliser uniquement sur la durée de la toux.
La bronchiolite étant très contagieuse, les gestes d’hygiène permettent de réduire le risque de transmission.
Se laver régulièrement les mains avant de s’occuper d’un bébé, éviter les contacts rapprochés avec une personne malade et limiter l’exposition du nourrisson aux environnements où circulent des virus respiratoires constituent des mesures importantes.
Il est également essentiel d’éviter l’exposition du bébé au tabagisme passif, qui peut aggraver les symptômes respiratoires et favoriser les rechutes.
Il existe par ailleurs des stratégies de prévention spécifiques contre les formes liées au VRS, notamment la vaccination de la femme enceinte et l'immunisation du nourrisson par anticorps monoclonal, selon les situations et les recommandations en vigueur.
Chez un bébé, un rhume et une bronchiolite peuvent commencer de la même manière : nez qui coule, nez bouché, éternuements et parfois toux.
La différence apparaît surtout lorsque les bronches sont atteintes. Une respiration rapide ou difficile, un sifflement, un creusement du thorax, des pauses respiratoires ou des difficultés importantes à boire sont des signes qui doivent alerter.
Face au doute, les parents n’ont pas à essayer de déterminer seuls s’il s’agit d’une bronchiolite. Le professionnel de santé pourra examiner le bébé et évaluer sa respiration, son alimentation et son état général.
Et lorsqu’un tout-petit semble avoir du mal à respirer, mieux vaut consulter rapidement plutôt que d’attendre que les symptômes s’aggravent.